Avec “LUX”, Rosalía transcende la pop dans un album grandiose et unique en son genre
4 ans après avoir son audacieux troisième album « MOTOMAMI », Rosalía poursuit son processus de transfiguration avec “Lux”, un quatrième album mis en boîte avec l’Orchestre symphonique de Londres, chanté en treize langues et où elle est épaulée par une flopée d’invité·es, telles que Björk, Estrella Morente ou Sílvia Pérez Cruz. Un disque liturgique en forme de geste d’émancipation et d’une puissance sidérante, se vouant aux figures de saintes dont les hagiographies l’ont inspirée.
Quand j’ai découvert Lux, le nouvel album de Rosalía, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Après Motomami, qui avait déjà montré à quel point elle pouvait repousser les limites de la pop, je me demandais comment elle allait réussir à me surprendre encore. Finalement, dès les premières minutes, j’ai compris que LUX était très différent de ses précédents albums et que Rosalía, une énième fois, s’est totalement réinventée.

Une ambiance qui me transporte
Ce que j’aime d’abord dans Lux, c’est son ambiance. Rosalía a choisi une direction très différente de celle de Motomami. Les chansons donnent parfois l’impression d’être très grandes et importantes, comme avec son lead single Berghain en collaboration avec Bjork et Yves Tumor, presque comme si on assistait à un spectacle. Pourtant, je ne trouve jamais l’album froid ou difficile à écouter. Au contraire, je trouve qu’il dégage énormément d’émotions.
Quand j’écoute certaines chansons, j’ai vraiment l’impression d’être transporté dans un autre univers. Il y a des moments calmes, d’autres beaucoup plus puissants, et je trouve que cela rend l’écoute très intéressante. L’album prend son temps et ne cherche pas forcément à nous donner immédiatement une chanson facile à retenir.
Des histoires de femmes et de liberté
J’aime aussi beaucoup les thèmes abordés par Rosalía dans ce nouvel album.
« J’ai senti le besoin d’étudier et de lire davantage sur les autres. » explique-elle dans son interview avec Mehdi Maizi à Radio France.
Dans Lux, elle s’inspire notamment de différentes saintes et de leurs histoires. Mais ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas forcément l’aspect religieux. Ce sont surtout les femmes qu’elle met en avant, comme avec Jeanne, ou elle parle de Jeanne d’Arc en chantant quelques phrases en français.
Je trouve intéressant qu’elle raconte des histoires de femmes fortes, indépendantes ou prêtes à se battre pour leurs convictions. À travers ces personnages, j’ai parfois l’impression que Rosalía parle aussi d’elle-même et de son envie de rester libre. Elle explique notamment qu’elle veut faire sa musique comme elle l’entend, sans forcément répondre aux attentes du public.

La listening-party de LUX, à Barcelone.
Une musique qui dépasse les frontières
Un autre élément que j’aime beaucoup est le mélange des langues. Dans Lux, Rosalía chante en espagnol, mais aussi dans plusieurs autres langues, comme l’arabe, l’hébreu, l’ukrainien ou encore le mandarin.
Je trouve ce choix vraiment intéressant, car il donne à l’album une dimension internationale. Même lorsque je ne comprends pas toutes les paroles, je peux ressentir les émotions grâce à sa voix. Pour moi, c’est l’une des grandes qualités de Rosalía : elle arrive à transmettre quelque chose même lorsque l’on ne comprend pas forcément chaque mot.
Des artistes qui apportent leur univers
J’ai également beaucoup aimé les collaborations présentes sur l’album. La participation de Björk m’a particulièrement marqué. J’aime le fait que Rosalía s’entoure d’artistes qui ont eux aussi un univers très personnel.

Bjork réalisant une performance surprise de « Berghain » aux BRIT Awards 2026.
Ces collaborations ne donnent pas l’impression d’être là uniquement pour attirer l’attention. Elles semblent plutôt participer à l’identité de l’album. Cela donne encore plus l’impression que Rosalía veut créer quelque chose de différent et qui dépasse les frontières de la pop.
Un album qui me plaît parce qu’il ose
Au final, si j’aime Lux, c’est surtout parce que Rosalía ne cherche pas à refaire ce qu’elle a déjà fait. Elle aurait pu essayer de reproduire le succès de Motomami, mais elle a choisi de prendre une autre direction.
C’est justement cette liberté qui me plaît. L’album peut sembler surprenant lors de la première écoute, mais plus je l’écoute, plus je découvre de nouvelles choses. Pour moi, Lux représente parfaitement Rosalía : une artiste qui refuse de rester dans une seule case et qui préfère se transformer plutôt que de se répéter.
Et c’est probablement pour cette raison que cet album me plaît autant.
Plus d’infomations sur le site de ROSALIA.
