Ascendant Vierge : la collision entre pop et techno

Ascendant vierge : découvert sur la route, retrouvé dans la fosse du Zénith

Il y a des groupes qu’on découvre parce qu’un algorithme a décidé qu’on devrait les aimer. Et puis il y a ceux qui arrivent par accident, dans une voiture, quelque part sur une route, avec un copain qui contrôle la musique.

C’est comme ça que j’ai découvert ascendant vierge.

Je ne me souviens plus exactement de la route. En revanche, je me souviens très bien du moment où cette musique a rempli la voiture : une voix presque lyrique posée sur une énorme machine électronique lancée beaucoup trop vite.

Quelque chose entre chanson française, trance, hard techno, gabber et pop futuriste.

Bref, suffisamment étrange pour que je demande immédiatement :

Ascendant vierge concert Zenth

« Mais c’est quoi ce truc ? »

Ce truc, c’était ascendant vierge.

Deux univers qui n’auraient pas forcément dû se rencontrer

Ascendant vierge naît en 2019 de la rencontre entre Mathilde Fernandez et Paul Seul.

D’un côté, Mathilde Fernandez et sa voix spectaculaire, capable de convoquer aussi bien la chanson que le lyrique et une certaine théâtralité pop.

De l’autre, Paul Seul, producteur et cofondateur de Casual Gabberz, avec tout ce que cela suppose de kicks brutaux, de BPM énervés et d’amour pour les musiques électroniques qui refusent poliment de rester en arrière-plan.

Et c’est précisément le frottement entre ces deux univers qui m’intéresse.

Mathilde FernandezPaul Seul
ChantProduction
Pop et influences lyriquesGabber et hard techno
Texte et incarnationRythme et électronique
ThéâtralitéCulture club

Sur le papier, on pourrait imaginer une collision. Dans les enceintes, c’est justement cette collision qui fait fonctionner le projet.

De la voiture au Zénith

Quelques années après cette première écoute en voiture, changement radical de décor.

Cette fois, je ne suis plus assis sur le siège passager.

Je suis au Zénith de Paris avec mon appareil photo, envoyé pour photographier le concert d’ascendant vierge pour Tsugi.

Le Plus Grand Spectacle de la Terre.

Le duo y joue le 30 novembre 2024 après la sortie de l’album

Et là, la musique découverte presque par hasard sur une route prend une tout autre dimension.

Il y a quelque chose d’assez jubilatoire à voir physiquement apparaître devant soi un univers qu’on a d’abord uniquement connu dans des écouteurs ou dans les enceintes d’une voiture.

Sur scène, les morceaux deviennent un spectacle total.

La lumière, les costumes, les corps, les projections et le public participent autant à l’expérience que la musique.

Pour le photographe, évidemment, c’est du carburant.

Il faut photographier vite, anticiper les lumières, accepter de perdre certaines images et essayer de traduire visuellement cette sensation de débordement.

Et pendant quelques morceaux, au milieu du Zénith, je repense forcément à cette première écoute en voiture.

Même groupe.

Volume probablement encore plus déraisonnable.

Mais quelques milliers de personnes supplémentaires dans la pièce.

Pourquoi ascendant vierge fonctionne si bien

Ce qui me plaît chez eux tient probablement à une contradiction.

Leur musique peut être immédiate et excessive, mais elle n’est pas uniquement conçue pour faire danser.

On y trouve :

  • des textes qui parlent de notre époque ;
  • une esthétique numérique assumée ;
  • une culture issue des musiques électroniques radicales ;
  • une vraie place accordée à la chanson ;
  • un goût certain pour le spectaculaire.

Le morceau « Influenceur » est probablement l’exemple le plus évident de cette mécanique : un objet pop extrêmement efficace qui parle en même temps du monde numérique dans lequel il circule.

Tsugi décrivait déjà le duo comme une rencontre entre trance, gabber, hard tech et chant aux intonations lyriques. Cette impossibilité à les ranger proprement dans une seule boîte est probablement une partie de leur intérêt.

Trois portes pour aller plus loin

Pour comprendre l’univers du groupe au-delà de cet article, vous pouvez consulter l’interview de Mathilde Fernandez et Paul Seul publiée par Tsugi, dans laquelle ils reviennent notamment sur leur travail et la préparation du Zénith.

Vous pouvez également découvrir la session Boiler Room d’ascendant vierge présentée par Tsugi, qui montre assez bien ce que leur musique devient lorsqu’elle rencontre un public.

Enfin, [la page Spotify officielle d’ascendant vierge] permet de parcourir leur discographie et de découvrir leurs différents albums et singles.

À écouter : ascendant vierge

On peut commencer par « Influenceur », « Petit Soldat » ou « Faire et refaire » avant de se perdre tranquillement dans le reste de leur discographie.

Enfin, tranquillement est une façon de parler.

À voir : ascendant vierge en live

Une musique qui déborde de son cadre

C’est probablement ce que je retiens le plus d’ascendant vierge.

Je les ai découverts sans les chercher, dans une voiture.

Puis je les ai retrouvés quelques années plus tard devant mon objectif, au Zénith, dans une salle remplie de gens venus précisément pour eux.

Entre les deux, leur musique était restée quelque part dans ma tête.

Ascendant vierge fait partie de ces projets qui rappellent qu’un morceau peut commencer comme une découverte presque anecdotique et finir par devenir un souvenir très précis.

Pour moi, il y aura toujours deux images associées à leur musique : une route qui défile derrière une vitre et Mathilde Fernandez apparaissant dans le viseur de mon appareil photo au milieu des lumières du Zénith.

Deux façons assez différentes d’écouter la même musique.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *